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Question coaching

Dois-je agir face à la crise ?

Que l’on parle de crise ouverte et visible (conflit, perte d’un client, incident majeur), de crise larvée que je sens venir, ou de crise plus personnelle, de sens ou de motivation, la crise est lié à un centiment d’urgence, à la conscience d’un impact négatif fort et réel ou imminent qui ne peut nous laisser indifférent. J’ai le choix ou pas d’intervenir immédiatement, de réagir, ou de décider en conscience de ne pas bouger pour l’instant. Mais cette action attendue relève-t-elle du devoir ? Quelle est la vraie nature de cette obligation : est-ce une nécessité objective, une attente des autres, ou une pression que je m’impose parce que rester sans rien faire me semble insupportable ?

Si je me sens sommé(e) d’agir, c’est peut-être parce que l’inaction me renvoie à un sentiment d’impuissance ou de culpabilité, et que faire quelque chose, n’importe quoi, m’apaise. À l’inverse, si j’hésite à agir, cela peut venir d’une peur de mal faire, d’aggraver la situation ou d’en porter la responsabilité seul(e). Mon mental peut aussi être sensible à l’urgence au point de confondre ce qui est urgent avec ce qui est important, et de me faire réagir plutôt qu’agir. A l’inverse, mon esprit « rebelle » peut être câblé pour systématiquement laisser place aux mécanismes d’objection et donc différer une réponse où une réaction rapide aurait plus de chance d’être efficace. Mais parfois, ou un peu trop souvent, c’est la sidération qu’il me faut dissiper.

Il peut être utile de clarifier ce qui, dans cette crise, est établi (les faits, les délais, les enjeux réels) et ce qui relève de mon interprétation ou de mes craintes. Se demander ce qui se passerait si je n’intervenais pas maintenant, à court terme et à moyen terme, ou encore qui est réellement concerné et qui attend quelque chose de moi, permet souvent de voir si l’action est vraiment requise, ou si c’est le fait d’attendre, d’observer et de rassembler des informations qui constituerait la meilleure réponse. Je peux aussi me demander si « agir » doit forcément être une décision unique, ou si plusieurs actions plus modestes sont possibles. D’ailleurs, si mon action s’avère inutile pour faire progresser significativement la transformation, elle a peut-être du sens pour moi ou une valeur d’exemple, comme celle du colibri qui apporte une goutte d’eau pour éteindre l’incendie.

yin-yang vert représentant le monde de la terre

Faire face à une crise demande du sang-froid, la capacité de distinguer l’essentiel de l’accessoire, et parfois le courage d’assumer une décision imparfaite avec des informations incomplètes. Cela demande aussi de savoir s’entourer et de reconnaître ce que je ne maîtrise pas. Ce qui pourrait nourrir ma motivation, c’est l’idée que la crise est aussi un moment de clarté : elle révèle ce qui compte vraiment, ce qui tient et ce qui ne tient plus, et peut ouvrir la voie à des changements qui n’auraient pas été possibles en période calme.

Une première étape simple : prendre quelques minutes pour écrire ce qui est réellement en jeu et ce que je peux effectivement influencer dans cette situation, en mettant de côté ce qui ne dépend pas de moi. Vous pouvez ensuite identifier une petite action réversible (rassembler des informations, consulter une personne de confiance, réunir l’équipe pour partager le constat) qui vous permette de rester en mouvement sans vous engager prématurément dans une décision lourde. Cela aide souvent à sortir de l’alternative « agir ou ne rien faire » pour envisager une réponse plus graduée.
Si la question se présente à moi pour la première fois et en temps de paix, je peux m’interroger sur le processus de décision qui régit mon comportement face à la crise, cela pourrait bien conforter mon sentiment d’être préparé…

yin-yang gris représentant le monde de l'air