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Question coaching

Que voit-on si on enlève le cadre ?

Quand on parle de cadre, pensez vous aux règles, processus et limites formelles d’une organisation, à un cadre de pensée (mes hypothèses de départ, ma façon habituelle de poser le problème), un cadre plus personnel (mon rôle, mon statut, les attentes que je crois devoir satisfaire), ou encore quelque chose de plus large : le contexte, l’environnement dans lequel le problème se pose (marché, culture d’entreprise, époque, contraintes externes) ? « Enlever le cadre » peut alors signifier retirer une règle précise, mais aussi imaginer la même situation dans un tout autre environnement — que verrait-on si ce n’était pas ici, pas maintenant, pas avec ces personnes ou ces moyens ? Le changement de cadre nous permettrait-il une transformation plus satisfaisante ?

Si cette question m’est inconfortable, c’est peut-être parce que le cadre, même contraignant, me sécurise, simplifie ma vision — il m’indique ce qui est autorisé de voir, me donne une grille de lecture orientée et restreinte. Si ce cadre est en réalité le contexte lui-même, l’enlever revient à me demander si ce que je prends pour une vérité intangible (le marché, la culture de mon secteur, les habitudes de mon organisation) reste vrai dans un autre contexte. Ceci m’empêche peut-être de voir que le problème pourrait se poser, ou se résoudre, très différemment ailleurs.

Il peut être utile de nommer précisément le cadre dont il est question — règle, convention, ou contexte au sens large — et de distinguer ce qu’il impose réellement de ce qu’il impose seulement par habitude. Si le cadre est un contexte ou un environnement, je peux me demander si cette problèmatique serait de même nature si je la transposais dans un autre secteur, une autre culture, une autre taille d’organisation ? Cette transposition révèle souvent que certains obstacles ne sont pas inhérents à la problématique elle-même, mais sont produits par l’environnement particulier dans lequel je l’observe — ce qui ouvre des pistes de solution empruntées à des contextes différents.

yin-yang vert représentant le monde de la terre

Oser regarder ce qu’il y a au-delà du cadre — qu’il s’agisse d’une règle ou d’un contexte entier — demande de la curiosité et une tolérance à l’inconnu. Imaginer un autre cadre, voire un emsemble le plus exhaustif de cadres demande une capacité d’abstraction, de décentrement, une pensée arborescente, peut-être ? L’exercice peut être jouissif en soi et nous entrainer outre mesure dans la réflexion, différant l’action au bénéfice d’une vision qualitative. Il nous faudra sans doute des aptitudes de communiquant pour justifier quelques retards à l’allumage si les parties prenantes n’ont pas encore fait l’expérience des bénéfices de la démarche.

Une première étape simple : prendre une situation ou une décision actuelle et lister explicitement le ou les cadres qui s’y appliquent (règles, habitudes, attentes implicites, mais aussi contexte sectoriel ou culturel), puis, pour chacun, imaginer une version où il serait différent — qu’apparaîtrait-il alors comme possible ? Vous pouvez aussi vous demander comment une organisation d’un tout autre secteur, confrontée à un problème structurellement similaire, l’aurait abordé dans son propre contexte — cette comparaison révèle parfois des solutions transposables qu’un regard limité à mon seul environnement ne pouvait pas suggérer.

yin-yang gris représentant le monde de l'air