Question coaching
N'a-t-on pas toujours le choix ?
Que signifie “avoir le choix” ici ? – Une liberté concrète, avec des options réelles et accessibles, ou une liberté plus intérieure, celle de choisir mon attitude même quand les circonstances ne me laissent aucune alternative visible ? Le “toujours” mérite aussi qu’on s’y arrête : est-ce une affirmation que je ressens comme libératrice, ou comme une pression, voire une injustice, quand j’ai le sentiment d’être contraint(e) ? Cette question m’invite à distinguer ce qui est réellement imposé de ce que je vis comme tel, sans nier que certaines contraintes sont bien réelles.
Si j’ai le sentiment de ne pas avoir le choix, c’est peut-être parce que choisir m’obligerait à renoncer à quelque chose et à en assumer les conséquences : dire “je n’ai pas le choix” me protège alors de la responsabilité et de la culpabilité. Mais il se peut aussi que cette impression soit fondée, et que mon entourage ou mon contexte limite réellement mes options. Je peux me demander si je me sens prisonnier(e) d’une situation ou d’une loyauté, d’un rôle que je me suis donné, ou d’une peur de ce que les autres penseraient d’une autre décision.
Il peut être utile de lister toutes les options qui existent dans ma situation, y compris celles que j’écarte d’emblée parce qu’elles me paraissent trop coûteuses, trop risquées ou inconcevables. Pour chacune, je peux me demander : qu’est-ce qui la rend impossible, un obstacle réel ou un prix que je refuse de payer ? Distinguer “je ne peux pas” de “je ne veux pas en payer le prix” clarifie souvent la nature du choix, qui existe parfois, mais n’est pas toujours confortable. Même ne pas choisir, ou différer, est une forme de choix dont il faut mesurer les effets.
Reconnaître sa marge de choix demande de la lucidité, du courage et une forme de maturité : accepter qu’aucune option n’est parfaite et que choisir, c’est aussi perdre quelque chose. Ce qui pourrait nourrir ma motivation, c’est l’idée que même une marge de manœuvre réduite me redonne du pouvoir : elle me fait passer d’une posture subie à une posture active, où j’agis en conscience plutôt que par défaut. Cela vaut aussi pour mon rapport aux autres : reconnaître que d’autres n’ont peut-être pas les mêmes choix que moi invite à plus d’humilité.
Dans votre projet ou situation, considérez quelque chose qui relève de l’évidence et envisagez de choisir une option légèrement différente, une petite option alternative, même modeste ou réversible, que vous n’aviez pas envisagée, et observer ce que le simple fait de la considérer change dans votre perception de la situation, sans vous obliger à la prendre.
