Question coaching
Comment faire pour que le succès succède au succès ?
Qu’est-ce que le succès ? – Un résultat chiffré, une reconnaissance, un projet mené à terme, ou un sentiment d’accomplissement ?
L’instant de la victoire est marqué par un pic d’adrénaline qui, s’il est répété, voit ses effets diminuer par accoutumance. D’un autre côté, la recette du succès peut être mal connue, liée à un contexte qui ne se reproduira peut-être pas. Par ailleurs, l’envie de nouveaux succès peut s’envisager dans deux directions opposées : la prolongation de l’élan sans relâcher l’effort, ou au contraire la tendance à se laisser porter par ce qui a déjà été gagné. Cette question m’invite à me demander ce qui m’attire vraiment dans le succès : ce qu’il produit (résultats, reconnaissance) ou ce qu’il me fait ressentir (l’excitation, l’intensité, la décharge d’énergie du moment où ça marche) ? Au-delà de cette considération, avez-vous une stratégie du succès ?
Si je crains que le succès ne se répète pas, c’est peut-être parce que je m’appuie sur la recette qui a fonctionné, au risque de la reproduire telle quelle alors que le contexte a changé. Le succès peut aussi me rendre prudent(e) : peur de décevoir, de défaire ce que j’ai construit, de ne pas être à la hauteur de mes propres résultats passés. Il se peut encore que je sois persuadé(e) que mes réussites tiennent à la chance ou à des circonstances, ce qui m’empêche d’identifier ce qui, en moi, les a réellement rendues possibles.
Il peut être utile de comprendre pourquoi cela a marché : qu’est-ce qui, dans ce succès, relevait de mes choix, de mon équipe, du moment ou du contexte ? Quels paramètres étaient réunis, lesquels sont encore présents aujourd’hui et lesquels ont disparu ? Je peux aussi me demander ce que ce succès a coûté (énergie, relations, équilibre) et si ce prix est durable. Distinguer ce qui est reproductible de ce qui était circonstanciel permet de ne pas répéter aveuglément une formule tout en conservant ce qui en faisait la force.
Faire durer le succès demande de l’humilité, de la curiosité et une capacité à continuer d’apprendre, même quand tout semble réussir. Ce qui pourrait nourrir ma motivation, c’est l’idée que le succès est un acquis (confiance, compétences, crédibilité, relations) sur lequel je peux m’appuyer pour oser davantage, plutôt qu’un capital à protéger. Reconnaître et partager ce succès avec ceux qui y ont contribué peut aussi entretenir l’élan collectif, et donner envie de poursuivre ensemble.
Une première étape simple : prendre un moment après chaque réussite pour noter ce qui a fonctionné, ce qui a été difficile et ce que je referais autrement, avant de passer à la suite. Vous pouvez aussi vous fixer, pour le prochain projet, un petit défi nouveau (une méthode inédite, un partenaire différent) qui évite de reproduire mécaniquement la formule gagnante, tout en capitalisant sur ce que le succès précédent vous a appris.
