Question coaching
Etes-vous un enfant standard ?
De quel “enfant” parle-t-on ici ? – L’enfant que j’ai été, celui qui subsiste en moi (ma spontanéité, ma curiosité, mes peurs anciennes), ou l’enfant que je suis encore dans mes relations, face à une famille, une hiérarchie ou une organisation dont je me sens le “fils” ou la “fille” ? Et que veut dire “standard” ? Conforme à la norme, dans la moyenne, ou simplement ordinaire ? La question peut aussi se retourner : standard par rapport à qui, et selon quels critères ? Peut-être me demande-t-elle si je me suis construit(e) en entrant dans un moule ou en m’en échappant, et si ce moule était le mien ou celui des autres.
Si j’ai du mal à répondre, c’est peut-être parce que je me suis habitué(e) à me définir par rapport à des attentes (celles de mes parents, de l’école, de mes premiers employeurs), au point de ne plus savoir ce qui, dans ma façon d’être ou de travailler, vient de moi. Il se peut que j’aie appris très tôt à gommer ce qui dépassait, à rester dans la norme pour être accepté(e), et que cette adaptation continue aujourd’hui de brider ma créativité ou mon audace. Ou au contraire, que je me sois toujours senti(e) “à part”, et que cette étiquette m’enferme aussi dans un rôle que je n’ai plus besoin de jouer.
Il peut être utile de préciser ce qui, dans mon parcours, m’a rendu(e) conforme ou différent(e), et à quels moments. Quelles qualités m’a-t-on encouragé(e) à développer, lesquelles m’a-t-on conseillé de taire ? Qu’est-ce que je fais encore aujourd’hui “comme il faut” sans avoir vérifié que cela me convient ? Et quelle part de moi s’exprime peu dans mon environnement actuel, alors qu’elle a toujours été là ? Distinguer ce qui relève de ma nature de ce qui relève de mon éducation ou de mon contexte peut éclairer ce que je tiens à préserver et ce que je pourrais enfin me permettre.
Regarder honnêtement cet “enfant” demande de la bienveillance envers soi-même, de la curiosité pour son propre parcours, et un peu d’humour peut-être. Ce qui pourrait nourrir ma motivation, c’est l’idée que ce qui me rend singulier(e) (une façon de poser des questions, un goût pour l’inattendu, une sensibilité particulière) est souvent une ressource plus qu’un défaut à corriger. Retrouver quelque chose de l’enfant, comme l’étonnement, le jeu, l’envie d’essayer sans garantie, peut aussi redonner de l’énergie à ce que je fais aujourd’hui, à condition de ne pas le confondre avec l’immaturité.
Une première étape simple : me remémorer ce que j’aimais faire enfant, ce qui me faisait perdre la notion du temps, et repérer si une trace de cela subsiste dans mon activité actuelle. Vous pouvez aussi identifier une petite habitude ou une manière de faire “standard” dans votre travail, et vous demander ce que vous feriez différemment si personne ne vous regardait. Tenter cette variante à petite échelle, sur un sujet peu risqué, permet d’observer ce qu’elle révèle de vous, sans avoir à remettre en cause tout le reste.
